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IDIOT LES CHAUFFARDS SUISSES, DéJà DITES MAIS ELLE ME FAIT TOUJOURS MOURIR DE RIRE? UNE LAIDEUR!
Toutes proportions conservées, un chauffard Suisse... c'est un peu l'équivalent d'un très vieux conducteur Français (avec le berêt, et tout). Je le sais, j'habite à la frontière, je les croise tous les jours. Et il faut bien le dire, autant le français au volant à tendance à te faire peur, autant le Suisse lui est d'une courtoisie carrément angoissante.
Non, c'est vrai : faut avouer que conduire, pour nous autres français, c'est un sport violent. Tu gueules, tu doubles, tu lances des bras d'honneur et des imprécations...
Tandis que pour les Suisses, c'est un sport qui se rapprocherait déjà plus du Yoga.
Au volant, le Suisse est zen, imperturbable. Méticuleux. Toi, tu vois une ligne pour doubler, tu doubles. Lui il compte les pointillés.
En France, les limites sont à 90 km/h et tout le monde roule à 100 voire 110. En Suisse, c'est l'inverse, la limitation est à 80 km/heure et tout le monde roule vingt kilomètres en dessous pour être vraiment sûr de pas la dépasser, même par malchance, en descente avec le vent dans le dos.
C'en est au point que tu te demandes s'il a la conscience tranquille, le gars...
Conduire quand t'es Suisse, c'est à la fois pratique et terrible. Pratique parce qu'à cette vitesse l'avantage c'est que tu n'as pas besoin de freiner. Et terrible, parce qu'ils freinent quand même. Le Suisse roule tellement lentement qu'il est le seul conducteur obligé d'accélérer en entrant dans les agglomérations pour être à 50. Il brave les lois de l'apesanteur. Tu te dis, à force de ralentir, il va tomber, c'est pas possible autrement, faut lui mettre une béquille à sa caisse. Chaque croisement il doit croire que c'est son entrée de garage, au bout de sa propre rue t'as envie de lui indiquer son chemin.
Le pire c'est dans les virages. Pourtant il y en a des virages en Suisse, ils devraient être habitués ! Mais non, chaque fois c'est comme la première fois, on a l'impression qu'ils se rappellent plus, qu'il faut refaire les présentations.
Moi je dis : d'avoir su garder cette espèce d'ingénuité, cette capacité à s'émouvoir comme au premier jour, c'est plus de la conduite, c'est du domaine de l'art.
Le mot est lâché : le Suisse est un artiste, un esthète de la route. Il ne roule pas, il crée. Au stop, s'il ne démarre pas tout de suite, c'est pas parce qu'il est lent : c'est parce qu'il attend l'inspiration.
Le Suisse allie un don inné pour la prudence à une perception aiguë de l'invisible.
Ah ben si. Je regrette, mais le mec qui ralentit devant un passage piétons avec personne à moins de cinq cent mètres, la première fois tu te dis qu'il s'est trompé de pédale, la seconde que peut-être il est distrait, mais à la troisième t'as plus aucun doute : il voit des trucs que tu ne vois pas. Eh, faut pas confondre, Auto école, ça veut pas dire "apprendre à conduire tout seul".
Bon alors évidemment, sans réfléchir, t'imagines que les Suisses ont des petites voitures, pour rouler à cette vitesse. Erreur ! Le Suisse achète des voitures ENORMES. Pas pour rouler, hein. Non, juste pour monter dedans. C'est tout. Pour s'asseoir. Ce qui, je l'admets, fait cher du fauteuil.
D'ailleurs, en pratique, tu peux vérifier : plus les voitures sont grosses, plus elles roulent doucement. Un défaut de fabrication j'imagine.
Bon, cela dit, force est de reconnaître que le Suisse est un conducteur extrêmement scrupuleux. Autant le Niçois ou le Marseillais par exemple passent allègrement au feu rouge, autant le Suisse, lui, rechigne à griller un feu vert. Et si d'aventure il venait à en apercevoir un au loin, il ralentit si longtemps à l'avance qu'il arrive à peine à attraper le feu rouge d'après.
On plaisante, mais c'est pas drôle.
Vous connaissez le proverbe ? Un suisse, c'est un poème. Trois Suisses c'est un catalogue. Mais sur la route, je peux vous assurer que deux Suisses suffisent largement pour faire un embouteillage.
Mieux vaut prévenir toutefois : ça peut arriver, bien que ce soit prodigieusement rare, qu'un Suisse vous double. Là, ça fait un choc. On regarde ses vitesses, on vérifie si on est pas au point mort… ou en train de reculer. Non, rien. Enfin, heureusement, c'est très rare. Il y en a même qui disent que ça serait une légende. Idiot une laideur!
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